Dans le cadre de la mise en œuvre du projet de l’AWDF (African Women’s Development Fund) pour la deuxième année, il est prévu de poursuivre les dialogues avec les institutions concernant les droits fonciers des femmes. L’objectif principal est de renforcer la capacité des femmes, en particulier celles impliquées dans l’agriculture, à défendre leurs droits fonciers et à plaider pour une meilleure attribution des terres à leur bénéfice.
C’est en ce sens quele 05 Novembre 2024, un atelier de renforcement des capacités suivi de sensibilisation et de plaidoyer s’est tenu à Tokpévia, l’un des villages cible du projet dans la commune de Zio 3,sous l’initiative de l’association Soutien Aux Femmes Démunies (SAFD). Cet atelier a rassemblé les femmes, les leaders communautaires (chefs traditionnels, élus locaux, membres des Comités Villageois de Développement (CVD), propriétaires terriens et femmes agricultrices), ainsi que des représentants des institutions de l’État (police, action sociale) visant à informer, outiller et sensibiliser, afin de favoriser l’attribution de réserves de terres aux femmes.
L’atelier débutant à 9heures à la place Royale de Tokpévia, avec les mots de bienvenue de la Coordinatrice des projets SAFD a réuni 26 participant(e)s représentant divers acteurs et parties prenantes clés
Deux objectifs essentiels ont structuré cette rencontre :
- Renforcement des connaissances des femmes agricultrices sur leurs droits fonciers
Cette session a permis de sensibiliser les femmes aux procédures légales et administratives en matière de gestion et d’acquisition de terres, en particulier des terres agricoles. Les informations ont été illustrées à l’aide d’images interprétées par les participant(e)s.
Le formateur, M. TENGUE, a d’abord rappelé aux participant(e)s les dispositions légales de l’État en matière de gestion foncière, notamment les articles 8 et 348, paragraphe 3, du Code foncier et domanial, qui imposent aux collectivités et aux chefferies traditionnelles de veiller à une gestion équitable des terres
Suite à cela, les obstacles qui freinent la mise en œuvre effective du Code foncier et domanial, et qui impactent négativement le droit d’héritage des femmes, ont été mis en évidence. Parmi les obstacles liés à la non-réclamation des droits des femmes, on note :
- La peur des femmes face aux intimidations,
- Les règles coutumières,
- Les pesanteurs et pratiques socioculturelles,
- L’analphabétisme,
- La lenteur des procédures judiciaires.
Le formateur a ajouté que, compte tenu du rôle central de la femme dans la vie du foyer et afin de lui permettre de développer des activités génératrices de revenus (AGR), il est essentiel de céder des terres aux femmes agricultrices pour qu’elles puissent, selon leurs moyens, contribuer aux charges de la famille.
Ensuite, un aperçu sur les trois attributs du droit foncier a été présenté, avec trois éléments clés :
- L’Usus (le droit d’utiliser la propriété),
- L’Abusus (le droit de disposer librement de la propriété),
- Le Fructus (le droit de jouir des fruits, des ressources et autres produits de la propriété).
Concernant les procédures administratives, il a été souligné :
- Les règlements à l’amiable auprès des autorités traditionnelles compétentes (le chef de village, le chef de canton, le maire, etc.),
- Les règlements contentieux auprès des juges.
- Plaidoyer auprès des autorités locales et coutumières :
Une partie de l’atelier a été consacrée à sensibiliser les participant-e-s sur l’importance de la scolarisation des filles, afin qu’elles connaissent leurs droits. De plus, l’accent a été mis sur la sensibilisation des chefs traditionnels et des autorités locales à l’importance d’attribuer des terres aux femmes. Les discussions ont souligné l’influence des leaders communautaires dans le processus de prise de décision et le rôle des autorités dans l’amélioration de l’accès des femmes aux terres agricoles.
Cet atelier a été un cadre de discussions constructives, avec des échanges fructueux entre les différentes parties prenantes. Le renforcement des capacités des femmes sur leurs droits fonciers a été particulièrement salué par les participant-e-s, qui ont également manifesté leur engagement à soutenir les initiatives de SAFD dans le plaidoyer pour l’attribution de terres aux femmes.
Des recommandations ont été formulées pour un suivi régulier des actions entreprises et pour la mise en place de dialogues plus étroits entre les autorités locales, les femmes agricultrices et les institutions concernées. L’atelier s’est achevé vers 14h30minutes sur une note positive, avec des perspectives prometteuses pour l’amélioration des conditions de vie des femmes dans la localité.
SALAWU Sukura,
Coordinatrice de Projet SAFD


